La TRT ment, la TRT ment tout le temps : Riza Altun est bien vivant

dimanche 19 mai 2019
par  Amitiés kurdes de Bretagne

"Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand" : certains se souviennent de ce refrain fredonné en cachette quand les Nazis occupaient la France et avaient fait main basse sur tous les moyens de communications. Radio-Paris célébrait à longueur d’antenne les "victoires" de l’occupant contre les résistants qualifiés de "terroristes".

Aujourd’hui, Erdoğan a fait main basse sur tous les médias et les utilise à des fins exclusives d’une grossière propagande. On peut lire par exemple le 18 mai sur le site de la TRT ( (Radio-télévision de Turquie) : "les cibles appartenant aux membres de l’organisation terroriste séparatiste PKK? ont été anéanties à la suite de raids aériens turcs menés au nord de l’Irak. D’autre part, les forces de sécurité turques ont porté un coup dur à l’organisation terroriste séparatiste PKK à Diyarbakir. 43 refuges d’hiver appartenant aux terroristes du PKK ont été anéantis. Un grand nombre de munitions a été, par ailleurs, saisi à Van". Or la même TRT avait donné pour mort Riza Altun, membre du Conseil exécutif du KCK? (Union des Communautés du Kurdistan) qui aurait été tué le 21 mars dernier : "nous avons porté un coup dur à l’organisation terroriste PKK. Riza Altun ainsi que les terroristes l’accompagnant, ont été éliminés avec réussite par nos services de sécurité lors d’un raid aérien. Notre État obtient des résultats légendaires dans la lutte contre le terrorisme".

Le 10 mai, infligeant un sévère démenti, Riza Altun accordait une longue interview à la chaîne de télévision kurde Medya Haber :

c’est vrai, il y a eu un bombardement aérien le 21 mars sur Qandil. Mais je ne me trouvais pas dans la zone visée. Je ne suis pas le seul concerné par ces informations mensongères. Beaucoup d’autres camarades (des dirigeants du PKK) le sont aussi. Il ne faut pas y prêter d’importance. Elles relèvent de la propagande de guerre.

Qui est Riza Altun ?

Riza Altun, qui a passé treize ans dans les geôles turques, n’est pas un inconnu en France où il est arrivé en 2000, en provenance d’Iran. Les relations entre ce haut responsable kurde et le contre-espionnage français sont restées discrètes, mais solidement nouées par des accords tacites et des intérêts bien compris, jusqu’au 5 février 2007 où il est interpellé et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Il est suspecté d’être l’instigateur de la « kampanya », la collecte de l’impôt révolutionnaire auprès de la diaspora kurde, en faveur de « l’organisation ». Mis en détention provisoire, il en ressort dix jours après. Placé sous contrôle judiciaire, ce personnage encombrant pour la France est, au grand dam de la Turquie, gentiment exfiltré, via l’Autriche où il est un temps retenu, vers le camp de base des combattants du PKK dans la région stratégique du mont Qandil, au Kurdistan d’Irak, à la frontière avec la Turquie et l’Iran. Il est un proche du leader Abdullah Öcalan et le responsable des relations extérieures du Parti des Travailleurs du Kurdistan.

André Métayer


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